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Avis commun des Organisations Syndicales BP2S sur le Plan de Départs Volontaires (PDV)

Nous arrivons aujourd’hui au terme d’un processus d’information-consultation initié il y a près de six mois et nous sommes invités à nous prononcer sur le projet de transformation de BP2S et ses différentes implications, tant sur le plan économique et organisationnel que sur les conditions de travail.

Face aux enjeux soulevés par cette tâche, nous avons fait le choix de rendre un avis commun et partagé par l’ensemble des organisations syndicales représentatives au CSE, choix qui nous semble être le plus approprié au regard des implications que le projet de transformation va avoir sur la vie de notre entreprise et sur celle de ses collaborateurs.


Dans le cadre de ce processus d’information-consultation nous avons eu l’occasion de nous appuyer sur les travaux de plusieurs experts, le cabinet Henrot Avocats et les cabinets d’expertises Ethix et Axium qui accompagnent des CSE, et c’est à la lumière de leurs analyses que nous souhaitons revenir sur plusieurs points.


Nous avons notamment eu l’occasion de formuler puis de vous soumettre des propositions alternatives auxquelles vous avez répondu.


Pourquoi ne pas allonger la durée du projet à 2023-2024 et s'appuyer sur les départs naturels ?


Il nous paraît important de préciser qu’allonger la durée du projet de deux ou trois ans ne permet pas seulement d’envisager de s’appuyer sur les départs naturels plutôt que sur un plan de départs, elle permet aussi et surtout de se donner du temps. Or le temps change beaucoup de choses dans notre industrie. Par le passé, BP2S a souvent présenté des trajectoires d’évolutions de ses effectifs en France qui anticipaient des baisses, parfois même des baisses importantes. Presque aussi souvent ces trajectoires ont été démenties par la réalité des faits et les années où les effectifs ont baissé en France se comptent finalement sur les doigts d’une main tandis que les proportions annoncées n’ont jamais été vérifiées dans les faits.


Aussi nous comprenons l'argument qui consiste à dire que passer par l’étape Plan Départs Volontaires c’est « laisser aux collaborateurs le choix de leur avenir » cependant nous regrettons la décision de l’entreprise de s’engager sur la voie radicale d’un plan incluant la suppression de 368 postes.

Même si c’est le levier du volontariat qui est privilégié, même si le projet de transformation inclut également de nécessaires créations de postes, il n’en reste pas moins que le plan proposé fige les choses pour les deux ans à venir.

L’idée sous-jacente de notre proposition n’était donc pas de reproduire à l’identique, en un peu plus de temps, les effets du PDV, mais plutôt de donner la possibilité à BP2S de s’ajuster en douceur, d’éviter de s’engager dans une voie sans retour et aussi et surtout de laisser certains projets porteurs de développement ou de croissance arriver à maturité.


Par ailleurs, dans la mesure où l’urgence de la situation n’a pas été démontrée et compte tenu des ambitions du Métier qui entend atteindre de nouveaux records en matière de profits, les conclusions d’Ethix sont éclairantes sur ces points, nous pensons qu’il n’y a pas lieu d’accélérer. Or se donner du temps c’est également un moyen d'appréhender l’environnement afin d’être en mesure de saisir au mieux les opportunités qui ne manquent jamais de se présenter. C’est sur cette idée que repose notre seconde proposition.


S'agissant des opportunités de croissance externe qui font l’essence de la seconde proposition...


Nous comprenons que la réalisation d’une opération d’acquisition en France n’aurait rien de souhaitable sur le plan social. Sur ce point, il nous semble essentiel de préciser que le sens de cette proposition était avant tout de pointer le fait que la stratégie de BP2S, qui a fait ses preuves ces dernières années, n’avait pas vraiment lieu d’être modifiée. Au cours de la décennie écoulée BP2S a systématiquement atteint et même dépassé ses objectifs de croissance en s'appuyant aussi bien sur la croissance organique que sur les acquisitions externes. Pour quelles raisons l’approche stratégique du Métier Titres doit-elle nécessairement évoluer ?


Patrick Colle l’a encore récemment confirmé, des opportunités vont naître du contexte issu de la crise sanitaire et BP2S se trouve très clairement dans le camp des acquéreurs potentiels. Cette dimension a fait l’essence même de la stratégie de BP2S pendant des années. Alors nous entendons que les opportunités se trouvent essentiellement à l'étranger et qu’une acquisition réalisée en France aurait des conséquences « sociales » qui pourraient aller bien au-delà de celles que nous évoquons aujourd’hui dans le cadre du plan de transformation.

Les résultats récents montrent cependant que le territoire France ne se trouve absolument pas en situation de « décrochage » par rapport à l’ensemble du Métier, avec des niveaux de performances équivalents voire meilleurs.


Dès lors, nous ne voyons pas de difficulté à ce que le territoire France conserve la position qu’il a toujours occupée au sein du Métier : celle de tête de pont du Métier sur son premier marché et de support du développement à l’international, la croissance externe continuant de s’opérer, en premier lieu, à l’étranger.


Plus globalement, nous pensons que l’inflexion stratégique retenue par le Métier s'accommode assez mal avec les impératifs sociétaux que l’expérience de la crise sanitaire a mis en lumière. À l’occasion de cet épisode malheureux vous avez eu l’occasion d’ajuster votre stratégie et de revenir sur certaines décisions. Pourtant, vous avez choisi d’ignorer nos injonctions et celles de nos gouvernants, utilisant les évènements comme un prétexte supplémentaire pour confirmer les décisions prises.

Une stratégie mise en œuvre au sein de l’entreprise qui nous semble entrer franchement en contradiction avec les impératifs revendiqués par le Groupe.


À l’échelle du Groupe BNP Paribas, le monde d’après ressemble étrangement à celui d’avant et nous ne pouvons que regretter le manque de vision dont fait preuve notre actionnaire. Car si les entreprises à la santé financière florissante projettent de supprimer 15% à 20% de leurs postes en France que doit-on attendre de celles, bien plus nombreuses, dont la situation est moins enviable ?


BNP Paribas a fait de la Responsabilité Sociale et Environnementale un axe fort de sa communication. À l’occasion de la mise en œuvre de la loi Pacte (2019), le Groupe s’est même doté pour la première fois « d’une raison d’être » précisant notamment que sa mission consistait à « contribuer à une économie responsable et durable en finançant et en conseillant ses clients de manière éthique ».


Comment le projet de transformation de BP2S s’inscrit-il dans cette logique ?


En matière d’impact sur les conditions de travail, les analyses du cabinet Axium* ont également mis en évidence des carences du plan qui méritent certainement une attention toute particulière et la mise en œuvre de plans d’actions spécifiques. Ont notamment été évoqués les questions de la sous-évaluation de la charge de travail ainsi que des risques inhérents à l’accélération d’un transfert de compétences vers les centres opérationnels (risque de désengagement, de perte de sens au travail, de déstabilisation des collectifs…).


Dans le cadre de ses conclusions Axium* a détaillé de nombreuses préconisations et axes d’améliorations. Vous avez indiqué en avoir pris bonne note, nous attendons à présent que vos paroles soient suivies d’effets à commencer par le fait de rendre « plus opérationnel » la grille d’évaluation des risques bâtie à l’occasion du projet ainsi que le plan de prévention l’accompagnant.

Pour résumer, si nous comprenons les enjeux de la transformation, nous regrettons les choix drastiques retenus par la Direction de BP2S dans le cadre de son projet de transformation. En particulier, les mesures de suppressions de postes qu’elle compte engager en France nous paraissent disproportionnées au regard de la situation financière, globalement bonne, du Métier et insuffisamment pondérées par des créations. Par ailleurs, compte tenu des succès engrangés dans un passé encore récent, nous ne voyons pas de raison objective d’infléchir la stratégie. Nous déplorons en revanche que dans un contexte où les profits du Groupe ont atteint des montants records en 2019, ce dernier soit amené à supprimer massivement des postes en France, en contradiction même avec les principes de responsabilité sociale dont il se targue. S’agissant enfin de l’impact du projet de transformation sur l’évolution des conditions de travail, nous retenons que la Direction a pris bonne note des carences relevées par le cabinet Axium*.


Nous attendons désormais que les mesures engagées en réaction soient à la hauteur des enjeux soulevés.


Pour toutes ces raisons nous ne pouvons qu’émettre de sérieuses réserves sur le plan de transformation tant sur les motifs économiques sur lesquels il repose que sur sa mise en œuvre et les conséquences qu’il induit sur l’organisation et les conditions de travail.


Lire la déclaration SNB sur le Plan de Départs volontaires et la fusion BP2S/BNP Paribas SA

Lire l'avis commun sur la fusion BP2S/BNP Paribas SA


*cabinet d'expertises qui accompagne les CSE

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