• SNB BP2S

AVIS SNB SUR LE DEMENAGEMENT DES EQUIPES IT VERS LE SITE DE VALMY


Nous sommes invités aujourd'hui à nous prononcer sur le projet d’évolution de l'immobilier groupe 2021 et plus particulièrement sur le déménagement d’une partie des équipes IT BP2S du site des GMP vers le site de Valmy 8 à Montreuil.


Sur un sujet aussi structurant, les élus du CSE ont choisi de prendre le temps de la réflexion et de se faire accompagner par un cabinet spécialisé, le cabinet Orseu.

Sur de nombreux points, les conclusions de cet expert, que nous remercions pour la qualité de son travail, ont confirmé nos impressions initiales sur ce projet.


Comme souvent, la Direction de BP2S a pour ambition d’agir rapidement, envisageant un parcours social express et un recueil d’avis dès le mois suivant, ce qui lui aurait alors permis de mettre en musique le projet très rapidement en ce début 2021. Une telle option aurait pu être envisagée si les informations présentées le 17 décembre dernier (jour d’ouverture de la consultation), avaient été complètes, détaillées et ne laissaient planer aucun doute sur la manière dont les choses allaient se dérouler.


À l’inverse, de nombreux éléments montrent que notre Direction avait l’intention de mettre en œuvre ce projet avec une certaine précipitation, précipitation particulièrement mal venue s’agissant d’un projet qui concernait initialement 212 salariés de BP2S.


Que dire par exemple de l’absence initiale de « macro-zoning » (document consignant la répartition prévisionnelle des postes de travail sur le nouveau site), dont l’élaboration constitue pourtant une étape incontournable de tout projet de déménagement ? Ce document n’a été porté à la connaissance de l’expert qu’à la fin du mois de janvier 2021, soit à une date théoriquement postérieure à celle initialement prévue pour le recueil d’avis du CSE ! Sur ce point et sur d’autres, nous avons la désagréable impression qu’en l’absence d’expertise, certaines informations n’auraient jamais été portées à la connaissance des élus.


Que penser également des nombreuses modifications apportées au périmètre du projet en cours de parcours social, à commencer par le nombre de salariés de BP2S concernés par un transfert, passé de 212 à 172 en cours de route, sans qu’aucune explication claire n’ait été apportée sur les causes de cet ajustement ?


Plus que la démonstration d’une situation de tâtonnement permanent, cette évolution de dernière minute du projet suscite notre inquiétude. En effet, elle vide de sens le motif initialement évoqué pour ce chantier qui prétendait participer à la constitution d’un pôle IT CIB sur le site de Valmy 8.


À partir du moment où le nombre de salariés concernés par le projet change d’un jour à l’autre, nous comprenons que le postulat de départ, la justification organisationnelle du projet, ne tient plus. Dès lors, quelle est la finalité de ce projet ? En a-t-il seulement une ?


Nous en venons à nous demander si parfois, certains « décideurs » du Groupe ne se lèvent pas le matin animé par une nouvelle idée lumineuse, en l’occurrence ici regrouper les salariés sur un site plutôt qu’un autre. Ce serait faire peu de considération des conséquences sociales de la mise en œuvre d’une telle idée et notamment oublier un peu vite qu’on parle ici des collaborateurs de l’entreprise. Pour les salariés, un déménagement n’est jamais un changement anodin particulièrement s’agissant de l’évolution de leurs conditions de travail.


À ce sujet justement, les travaux de notre expert ont mis en lumière un certain nombre de points qui méritent une attention toute particulière et appellent certainement des mesures correctrices de la part de la Direction, liste non exhaustive :


  • Des contraintes ont notamment été mises en évidence en matière d’évolution de l’environnement de travail, tout particulièrement avec l’instauration de grands open-spaces concentrant un nombre important de postes de travail, soit des espaces peu propices à la concentration. Une attention toute particulière devra donc être portée à l'amélioration de l’ambiance acoustique, par exemple en envisageant la mise en place de cloisons comme le préconise notre expert.

  • La scission des équipes IT et la perte de proximité avec les autres services présents sur le site des GMP pourraient également faire apparaître des difficultés opérationnelles se traduisant par une perte de fluidité et d’efficacité dans l’activité au quotidien. Elle pourrait aussi entraîner une perte de lien « social », déjà fortement éprouvé par la situation sanitaire et par ailleurs renforcer un fonctionnement en vase clos du fait d’une cohabitation exclusive des seules fonctions IT. Cette nouvelle configuration se prête assez mal avec la mise en œuvre de la méthode « agile » qui s’impose désormais notamment aux équipes IT et qui nécessite de la proximité.

  • L’évolution du taux d’occupation souhaité dans le cadre du flex office suscite également l’interrogation, particulièrement s’agissant d’une réduction de ce taux de 0,80 à 0,66. À ce stade, notre Direction n’a pas été mesure d’expliquer précisément comment l'organisation du travail était censée évoluer pour permettre la mise en œuvre de ce nouveau taux. La question des outils déployés pour gérer cette évolution (intensification du recours au télétravail, logiciels de gestion de présence…) est aujourd’hui clairement posée, nous attendons encore sur ce point des réponses concrètes.

  • Enfin, l’augmentation du temps de trajet et les contraintes associées comme la désorganisation de la vie personnelle et familiale semblent avoir été largement sous-estimées. Sur ce point et dans le cadre des interviews menées, notre expert rapporte une augmentation inquiétante du nombre de demandes de mobilités des salariés concernés par le projet.

Une nouvelle fois, la situation décrite transpire l’impréparation pour ne pas dire l’amateurisme. Animée par une volonté d'agir vite, trop vite, notre Direction a agi sans concertation et n’a visiblement pas pris toute la mesure des conséquences sociales de ce chantier. Elle présente un projet qui, dénué de sens, ne peut susciter l’adhésion des salariés. C’est ce qui s’appelle confondre vitesse et précipitation, ce qui est malheureusement le cas quand la folie des grandeurs de certains prend le pas sur le quotidien des collaborateurs de terrain.


Nous avions eu l’occasion d’alerter il y a un an sur le manque de substance du projet de fusion tant le dossier nous paraissait vide de contenu et porté prématurément à la consultation des élus du CSE. Force est de constater que l'histoire se répète cette année encore.


Est-il utile également de rappeler qu'interrogée sur le sujet il y a un an, la Direction de BP2S et même celle de CIB s’étaient empressées de répondre qu'aucun projet de déménagement des équipes BP2S n’était envisagé et que le Métier Titres resterait intégralement implanté aux GMP.


En dépit des réponses passées, les choses se mettent petit à petit en place. Nous ne pouvons nous empêcher de penser que ce projet s’inscrit dans une dynamique qui conduit à ce que les frontières entre BNP Paribas SA et BP2S s’estompent chaque jour un peu plus.


Si le message passé il y a un an n’était pas assez clair, sachez que cette fusion suscite toujours autant l’aversion des salariés de BP2S. C’est même un euphémisme. Et ce n’est certainement pas le manque de transparence dont fait preuve notre Direction aujourd’hui qui va aider à inverser cette tendance.


Nous redoutons à présent le passage à la prochaine étape. À l’heure où nous apprenons que notre accord de télétravail est prorogé de 3 mois dans l’attente des prochaines « guidelines » du Groupe, nous nous interrogeons sur les marges de manœuvre dont dispose encore la Direction de BP2S vis-à-vis de la maison-mère.


Mais nous pouvons reconnaître une constante dans le modus operandi de la Direction ; celle de faire preuve d’aussi peu de considération des bonnes pratiques dans la conduite des projets majeurs que dans la prise en compte de l’avis et de la vie des collaborateurs.


Les élus du CSE sont ravis d’avoir mandaté cette expertise qui au-delà du rapport et de ses conclusions fut une formidable session de formation avec stage pratique pour IMEX qui sait désormais comment gérer intégralement et efficacement ce type de projet. Un déménagement ne se résume pas à simplement déplacer des cartons…


En décembre 2018, nous avions alerté affirmant « qu’il n’était plus question de gérer les ressources humaines mais qu’il était urgent de gérer humainement nos ressources ».


Deux ans plus tard ce constat reste le même, à la différence près que nous avons désormais la certitude, multiples preuves à l’appui, que la Direction, n’en a que faire. Comme si la conduite du changement ne s’appliquait pas également aux membres de la Direction.


BNP Paribas : la banque d’un monde qui change avec à sa tête une Direction Générale où finalement rien ne change.


Les élus SNB BP2S rendent un avis défavorable sur ce projet.

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