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Déclaration du SNB lors du CSE du 24 avril 2020



À l’occasion d’une précédente déclaration nous avions exhorté notre direction à se montrer à la hauteur des enjeux soulevés par la situation exceptionnelle que nous vivons actuellement.


L’avis rendu par les élus du SNB (cliquez ici pour le relire) lors du CSE exceptionnel du 4 avril dernier avait notamment pointé la nécessité d’adapter la conduite des grands projets soumis à notre consultation (PDV et fusion) aux problématiques soulevées par la crise sanitaire d’ampleur inédite que nous traversons.

D’abord prévue pour le 15 avril, la réponse s’est faite attendre 10 jours de plus, délai supplémentaire qui n’a fait que susciter des attentes renforcées de notre part.

Au regard de ces expectatives, force est de constater que les réponses apportées aujourd’hui nous laissent plus que dubitatifs.

En premier lieu, à l’heure où de nombreux groupes bancaires ont annoncé suspendre leurs projets de restructuration, nous avons du mal à comprendre que la réponse apportée par la direction de BP2S aux enjeux de la crise sanitaire se limitent à un nouveau et simple décalage d’une dizaine de jours du calendrier et un léger rééquilibrage de la répartition des activités au sein des IOC.

Cette réaction a minima est d’autant moins compréhensible, qu’il n’aura pas échappé à notre direction que des réflexions d’ordre sociétal viennent soulever des questions existentielles sur l’évolution de nos modes de vie tant personnel que professionnel.

À l’heure où certains, y compris parmi nos gouvernants, évoquent l'hypothèse d’une démondialisation, comment la direction de BP2S peut-elle encore justifier le maintien en l’état d’un plan de départs, certes volontaires mais qui repose essentiellement sur un vaste projet de délocalisation de ses activités ?


Au regard des réponses apportées aujourd’hui, tout porte à croire que l’hypothèse d’une relocalisation de certaines productions en France, sujet largement évoqué ces jours-ci, n’a pas été envisagée.


Nous comprenons qu’il existe un besoin pour BP2S de travailler à la diminution de sa base de coûts afin de préserver sa compétitivité et d’être toujours en capacité de conserver ses clients et d’en séduire de nouveaux.


Nous ne comprenons pas en revanche que BP2S ne fasse pas du maintien de ses activités en France un argument commercial, argument auquel certains de nos clients seront très probablement sensibles.

Cette attitude jusqu’au-boutiste de notre direction s'accommode mal avec la hauteur de vue que requiert la période actuelle.

Notre direction, pour ne pas dire notre Groupe, semblent également déterminés à aller au bout d’un projet de fusion dont les tenants et aboutissants semblent plus que jamais incertains.

Nous comprenons que les dépenses consacrées à ce chantier pourraient être plus importantes qu’initialement envisagées. Dès lors quelle est la pertinence d’une telle opération à l’heure où nous prétendons avant tout réaliser des économies ?


Au plus fort de la crise que nous traversons, BP2S a démontré une résilience remarquable, une mobilisation sans faille et une agilité salutaire de ses équipes. Ce constat suscite des interrogations sur l’intérêt d’une fusion qui privera notre entreprise de son autonomie et de sa réactivité, ses forces les plus incontestables.


Nous constatons également que les règles imposées par le Groupe à ses filiales n’ont jamais été aussi inadaptées au cas particulier de BP2S. La récente communication d’Yves Martrenchar, DRH Groupe BNP Paribas, sur le thème des congés imposés aux salariés par l’entreprise en est la meilleure illustration.

En ces temps troublés, ne peut-on pas attendre de « la banque d’un monde qui change » qu’elle endosse pleinement son costume d’entreprise responsable et devienne à cette occasion « la banque qui contribue à changer le monde »?

A l’heure où nous sommes collectivement invités à nous « réinventer », nous sommes en droit d’attendre d’un Groupe comme BNP Paribas, première banque européenne, qu’il joue un rôle moteur dans la construction du monde d’après crise du COVID-19, démontrant à cette occasion une autre vision du monde.

La solidarité ambiante doit survivre à cet épisode sanitaire et doit être un élément central des futures décisions prises. Soutenir ses collaborateurs et plus largement l’emploi et l’économie domestique est antinomique avec le transfert des activités à l’étranger dans de telles proportions.

Soyons l’entreprise :

- qui dynamite un modèle dépassé, rejeté car égoïste et aux effets pervers

- qui porte une conception plus vertueuse du partage des richesses avec ses salariés

- qui prend les devants et n’attend pas que la norme lui soit dictée

Il nous appartient à toutes et tous de faire bouger les choses. Notre rôle d’élus nous confère l’obligation de vous alerter, de vous sensibiliser, de vous interpeller.

Nous avons acquis la conviction que la donne a changé et qu’une autre conception du futur de notre entreprise s’impose.

Nous comprenons que votre intention est de ne rien changer et nous le regrettons au plus haut point.

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