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Déclaration SNB sur le Plan de Départs Volontaires et la fusion BP2S/BNP Paribas SA

Vous le savez, nous n’avions aucune latitude pour empêcher le plan de dynamisation de la mobilité interne et le plan de départs volontaires voulus par notre groupe. Grâce à la négociation menée par le  SNB et à sa signature, l’accord final permettra aux salariés volontaires de bénéficier de mesures d’accompagnement plus favorables qu’une décision unilatérale de notre Direction. Sans cet accord, certaines mesures auraient été moins avantageuses ou tout simplement inexistantes.

Le calendrier est maintenant le suivant :

  • Première quinzaine d'août : validation de l’accord majoritaire par la DIRECCTE (Inspection du Travail).

  • Après la validation de la DIRECCTE : communication à tous les salariés de BP2S de l’ensemble des modalités du plan via le site "Informations et perspectives".

  • A partir du 1er septembre : ouverture de l’Espace Emploi pour des entretiens d’information en toute confidentialité.

  • Début octobre : ouverture de la période de volontariat.

En complément des avis communs rendus un peu plus tôt sur les projets de transformation et de fusion nous souhaitions revenir sur un certain nombre de sujets qui nous tiennent à cœur. En premier lieu, nous voulions vous faire part de notre sentiment d’incompréhension. À plusieurs reprises les élus et les délégués syndicaux SNB ont alerté la direction sur le fait que le projet de transformation ne leur paraissait pas motivé par des raisons économiques (le rapport de notre expert l’a d’ailleurs confirmé) mais plutôt par des ambitions stratégiques. S’agissant d’un plan aux visées essentiellement stratégiques, nous regrettons que le Groupe n’ait jamais consenti à mobiliser des moyens à la hauteur de ses ambitions.


Car est-il utile de le rappeler ? BNP Paribas a réalisé ces dernières années trois des meilleurs exercices de son histoire sur le plan comptable (23 Md€ de profits cumulés). Dans ce contexte, nous ne comprenons pas pourquoi il a été si difficile d’obtenir des avancées sur les mesures financières du plan de départs volontaires afin de les rendre plus attractives. Nous comprenons cependant que le plan de transformation de BP2S sera probablement le point de départ d’autres projets qui verront le jour ultérieurement à travers le Groupe BNP Paribas.


Les élus et les DS SNB se sont pourtant toujours montrés « forces de propositions » dans le cadre du parcours social (consultation et négociation). Ils ont fait en sorte de faire vivre le dialogue social au sein du CSE et de se montrer « constructifs » sur le fond et sur la forme dans le cadre du processus de négociation. Nous regrettons que cet état d’esprit n’ait, la plupart du temps, pas été partagé par la Direction qui a très souvent tardé à répondre aux propositions et à faire part de ses positions. A de nombreuses reprises, les DS SNB ont pourtant indiqué à la Direction que certaines mesures étaient susceptibles de donner un caractère plus « incitatif » au plan de départs volontaires. Force est de constater qu’ils n’ont été que trop peu entendus.


Le refus catégorique de la Direction d’inclure, malgré des demandes réitérées, un volet « sénior » dans le plan en est la meilleure illustration. Aujourd’hui, l’entreprise préfère envisager un départ des salariés les plus âgés par des leviers naturels plutôt que de prévoir un dispositif spécifique. En clair à quoi bon mobiliser des ressources financières pour faire partir les collaborateurs les plus âgés qui quitteront de tout façon l’entreprise dans un futur proche ? Peu importe que certain d’entre eux soient aujourd’hui en difficulté face aux évolutions du Métier. Même un événement aussi imprévu et brutal que la crise sanitaire n’aura finalement pas permis de faire bouger les lignes. Il est tout de même paradoxal que les délégués syndicaux aient davantage eu le souci d’aboutir à l'élaboration de mesures permettant aux salariés de quitter l’entreprise dans de bonnes conditions, que la Direction.


Comment ne pas voir ici une contradiction entre le discours et les actes ? Comment ne pas voir également de contradiction dans l’attitude de notre Groupe qui en excellente santé financière, se targuant d’être « responsable », faisant de la RSE son image de marque, s’empresse pourtant de supprimer des emplois en France dans un contexte économique et social difficile ?

Sur le plan éthique, que dire également de l'attitude du Groupe vis-à-vis des salariés employés dans des implantations étrangères (IOC et autres) ? Les salariés en France ont l’avantage de bénéficier d’un cadre social protecteur. D’autres, basés à l’étranger, n’ont pas cette chance et seront très certainement amenés, dans les années à venir, à quitter l’entreprise dans des conditions nettement moins favorables. Ces salariés seront notamment les premiers concernés par les départs consécutifs à la mise en œuvre du volet « digital » du projet de transformation.


Concernant le sujet du suivi des risques psychosociaux, les travaux d’Axium* sur les deux projets ont là aussi mis en lumière les faiblesses du plan. L’analyse proposée par la Direction s’est appuyée sur une approche essentiellement théorique qui occulte la dimension « réelle » du travail. Il n’est pas trop tard pour l’intégrer et mettre en œuvre un suivi opérationnel à la hauteur des enjeux.


A été également soulevée la question de l’évolution de la charge de travail et de son suivi. Il est urgent que l’entreprise se dote d’un plan d’action qui prend en compte cette dimension.


Nous attendons également de la Direction qu’elle communique auprès des collaborateurs de manière transparente sur le déploiement du plan. Dans cette perspective, l’adhésion des managers nous semble essentielle. Le plan de formation devra être également adaptée à ce contexte de transformation. Comment interpréter la reprise de la gestion du baromètre par CIB ? Cet outil devra également être mis à profit dans le cadre du suivi du plan.


Les élus SNB ne sont pas dupes. Ils ont compris depuis longtemps que les projets de plan de départs volontaires et de fusion sont liés et que le premier est certainement un moyen de mettre en œuvre le second. Ils ont compris également que la fusion n’est qu’une étape et que dans le contexte actuel elle constitue un préalable à des opérations de plus grandes envergures dont les conséquences sociales sont également à redouter.


Par ailleurs, au risque de nous répéter, nous tenions à revenir sur le bien-fondé de ce projet de fusion entre BP2S SCA et BNP Paribas SA. Une aversion à l’encontre de l’opération projetée est mise en évidence suite aux entretiens menés par Axium* auprès de 230 salariés. En premier lieu les salariés ne sont pas convaincus par l’intérêt stratégique d’un projet piloté par les mêmes qui 20 ans plus tôt vantaient les mérites de la filialisation. Plus grave encore, ils associent l’opération à une perte d'identité pour notre entreprise et redoutent d’abandonner ce qui a fait son essence et sa force : un fort sentiment d’appartenance, une solidarité, une vie de groupe ainsi qu’une agilité et une résilience qui ont encore été récemment éprouvées.


En outre, et c’est bien légitime, ils craignent de perdre les avantages sociaux associés à notre indépendance, aussi bien le bénéfice des accords collectifs de l’entreprise, souvent plus favorables, que les Activités Sociales et Culturelles (A.S.C.) proposées par le CSE, nettement plus généreuses. Ce n’est pas parce qu’un mensonge est martelé à qui veut bien l'entendre qu’il en devient une vérité. On aura beau nous répéter que le motif de cette fusion n’est pas de réaliser des économies, nous ne pouvons nous empêcher de penser que les seules économies réalisées se feront au détriment du pouvoir d’achat des salariés.


Les salariés de BP2S ne veulent pas de cette opération qui conduira nécessairement à une dilution de notre entreprise dans un ensemble beaucoup plus grand dans lequel ils ne se reconnaissent pas. L’épisode récent des communications et décisions Groupe, transmises et imposées à l’ensemble des collaborateurs durant la crise COVID 19, l’illustre bien.

Il n’est pas possible d’aller contre ce sentiment général qui fait que les salariés de notre entreprise se sentent avant tout appartenir à BP2S avant d’appartenir au Groupe. C’est la résultante de 20 ans de construction d’une identité forte, faite d’autonomie et de succès stratégiques. Ce projet de transformation a du mal à susciter l'adhésion (doux euphémisme), y compris chez les managers qui ont été surpris par l'annonce de la défilialisation et sont inquiets pour l'avenir du Métier en France.


Vous l’aurez compris l’union entre la carpe et le lapin est pour nous loin d’être une évidence. Pour espérer obtenir l’adhésion des salariés à ce projet, il faudrait pouvoir leur présenter les avantages d’une telle opération. Force est de constater qu’ils sont bien maigres pour ne pas dire inexistants. Il ne s'agit plus de voir le verre à moitié plein ou à moitié vide … ce dernier est dans le cas présent totalement vide.


Pour résumer nous constatons amèrement que, vu du Groupe, il est fait bien peu de considération des salariés. Les belles promesses issues du pacte social n’empêchent pas une forme d'hypocrisie. Arrêtez de vanter à longueur de communication nos mérites et performances pour au final élaborer des stratégies qui ne font que nous malmener. Vous jouez avec le feu. Comment peut-on espérer le meilleur pour son entreprise en se souciant aussi peu du devenir de ses collaborateurs ? Nous ne nous reconnaissons définitivement pas dans ce Groupe qui, obnubilé par le souci de sa rentabilité, en vient à bafouer la valeur du capital humain.


Lire l'avis commun sur le Plan de Départs Volontaires

Lire l'avis commun sur la fusion BP2S/BNP Paribas SA



*cabinet d’expertises qui accompagne les CSE

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